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Le réveil des couleurs
En 1564, Charles IX offre à la ville de nouvelles armoiries : "Un léopard de sable (noir) rempant en champ d'or tenant au milieu de ses pattes, sans toutefois toucher, un écusson d'azur dedans lequel il y aura une fleur de lyz d'or".
Au-delà de la symbolique héraldique, le blason s'illumine par la force colorée de l'or et de l'azur, comme un rappel de l'omniprésence de l'eau et du soleil qui nourrissent la ville, lui donnant une large palette de couleurs au gré de ses rues mais aussi de sa campagne.
Du haut du Massif du Talagard, aux portes Est de la cité, la plaine se révèle dans toute sa gamme colorée. Les zones les plus claires, la Crau sèche, ont été ont été qualifiées d'or sous la plume de Giono. A cet or répond l'argent des feuilles d'oliviers, vert métallique que le mistral fait vibrer. La palette s'enrichit avec le vert tendre des prairies irriguées, ponctué par la teinte plus profonde des haies de cyprès bordant les canaux.
Par la masse sombre de ses pinèdes, le Talagard lui-même met en valeur la clarté minérale des "bories" et des "bancau" (cabanes et murets de pierre) qui se révèlent au détour des sentiers.
C'est encore la campagne qui colore la ville et ses marchés, sur les étales éclatants des producteurs locaux de fruits (dont la fameuse olive "la Salonenque"), de légumes, ou encore d'huile d'olive et de miel. |
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L'olive, toujours, présente aussi en filigrane dans la cité, par la couleur des menuiseries (fenêtres et volets) et des ferronneries (balcons et garde-corps) qui ornent nombre de façades.
Ces dernières affichent quant à elles des teintes claires (blanc et pastels) offrant l'inestimable avantage de refléter la lumière du soleil plutôt que d'en absorber la chaleur.
La neutralité de ces tonalités contribue à souligner, au fil des monuments, les pierres de taille dont la palette varie du beige doré à l'ocre-jaune saturé.
L'ambiance colorée de la cité se traduit aussi dans la chaleur de sa langue et de son accent. "Félibre parmi les félibres" (terme provençal signifiant mistral et désignant les poètes de langue d'oc), Antoine-Blaise Crousillat porta haut le verbe de sa ville natale, entre autres dans des recueils de poèmes publiés dans les années 1860 à 1890. Intellectuel discret plus préoccupé par la "jouissance de l'esprit" que de sa propre renommée, il signait ses écrits "Lou félibre de LUSENO", anagramme de SELOUN, signifiant Salon en provençal.
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