Flânerie avec le Père Desplanches

Par Isabel,
Conseillère en séjour ...

Isabel

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J’en ai pris plein les yeux

 

Par une belle et chaude journée d’été, j’ai suivi la flânerie des églises de Salon-de-Provence en centre-ville, à savoir, l’église Saint-Michel et la collégiale Saint-Laurent. Une balade dans le temps, la spiritualité et l’histoire de Salon.

 

Le rendez-vous était donné au cœur du centre historique, sur la place Saint-Michel, ouverte dans les années 70 pour mettre en valeur le portail roman de l’église. Construite entre 1220 et 1239, bien que Salon ne fût qu’un petit village à cette époque, l’église était un lieu d’importance dans la région. En effet, dès la fin de sa construction, un synode (assemblée d’évêques) a tenu séance à Saint-Michel. En 1280, l’ordination de l’évêque de Carpentras s’effectua à Salon, preuve de sa renommée au sein de l’archevêché d’Arles.

Le portail est grand, comme dans la plupart des églises, car il représente le passage. Seulement celui-ci est décoré, le reste de la façade est nue pour faire ressortir le portail. Unique cloche de la ville jusqu’à la construction de la tour de l’Horloge, Le clocher dépassant de cette façade est flanqué d’un cadran solaire. La direction de l’église est particulière : elle est tournée vers l’Est, l’oriens en latin ; qui signifie « celui qui est le soleil levant ». Cela fait bien sûr référence à Jésus.

 

J’entre alors dans l’église, accompagnée de notre guide, le curé de Salon, le Père Michel Desplanches, et du groupe hétéroclite que nous composons : familles, couples, seniors…

Du côté droit, d’étranges traits rouges ont été tracés pour donner une impression de mur en pierre. On y trouve également une statue de Saint-Blaise. Ce Saint est le patron des éleveurs, nombreux en Provence. Les Saints étaient importants dans la vie religieuse des siècles derniers car ils étaient souvent les « représentants » d’une corporation.

Nous nous tournons pour faire face à l’autel des âmes du purgatoire, dédié aux messes pour le repos de ces âmes. Un retable du XVIIIème supporte une toile représentant les âmes du purgatoire brûlées par le feu divin (le feu « lave » les hommes de leurs pêchés dans le catholicisme).

Le groupe avance alors pour s’intéresser aux chapelles de l’église. Celles de Saint-Michel ne sont pas d’origine : elles ont été construites à la demande des familles salonaises pour y abriter leur tombeau familial. Ainsi, les catholiques réalisaient un vœu cher, celui de reposer au plus près du Christ.

Aujourd’hui on y trouve de belles œuvres telles que peintures, sculptures et morceaux de fresques rescapés. En entrant dans la chapelle de la Vierge, je suis frappée par la beauté et la finesse de cette statue représentant une Vierge à l’Enfant. Elle a été datée du XVIIème siècle, mais son auteur et les armoiries que l’on voit restent inconnues.

           saint michel saint michel saint michel saint michel saint michel

Le magnifique retable en bois doré du chœur a été fabriqué pour le couvent des Ursulines, c’est pour cela que quelques vitraux sont masqués par le retable. Celui d’origine (XVème siècle) devait être restauré mais le maire David a préféré récupérer le retable des Ursulines, le couvent ayant été détruit à la Révolution. Le tableau que l’on peut admirer est l’œuvre de Jean Daret, peintre provençal parti à la Cour de Louis XIV. Il représente Sainte-Ursule en soumission devant Saint-Augustin dans la partie basse de la peinture, et une Annonciation classique dans la partie supérieure.

La tribune soutenant l’orgue a été construite au début du XIXème siècle, cachant en partie un décor peint. L’orgue est classée aux monuments historiques, Les tubes datent du XVIIIème et XIXème siècle. Malheureusement ils n’ont pas été restaurés et sont actuellement en mauvais état : l’orgue n’est plus en état de fonctionnement. Ses boiseries datent du milieu du XIXème siècle.

 

saint laurent

 

 

Nous continuons notre visite en traversant Salon-de-Provence par son centre historique pour nous rendre à la collégiale Saint-Laurent. C’est une grande église pour Salon et le diocèse d’Arles : 49 mètres de long, 22 mètres sous voûte et 15 mètres de large pour la nef. Cela en fait la nef la plus large du diocèse. Saint-Laurent n’a qu’une nef, caractéristique architecturale que l’on retrouve souvent dans les chapelles. Louis XIV, en visite à Salon, se serait alors exclamé « Voici la plus belle chapelle de mon royaume !».

 

 

Saint-Laurent a été finie en 1480, après un écroulement important qui a demandé la reconstruction d’une partie de l’église. La première pierre de la reconstruction est visible sur la gauche du chœur (sous la statue de Jeanne d’Arc), elle est datée de 1344. L’unique clocher est situé sur le côté droit, dans le prolongement du portail roman. Le square attenant à l’église était un cimetière, profané à la Révolution. La statue dorée s’inspire de la place d’Espagne à Rome.

Le but de la collégiale est de rassembler. Saint-Laurent abritait des chanoines c’est-à-dire une communauté de prêtres vivant selon les mêmes règles de vie. La communauté avait un rythme de prière qui leur était propre. De plus, chaque prêtre avait sa chapelle pour dire sa messe.

 

pieta

 

Nous commençons la visite par la chapelle à la gauche du chœur, celle de la Déploration. Elle abrite une Pieta magnifique, provenant du couvent des Cordeliers (aujourd’hui détruit). Cette descente de Croix est un bloc monolythe polychrome, du XVème siècle, dont l’auteur reste inconnu. La finesse des traits et du drapé laisse sans voix. On y observe les proportions artistiques du Moyen-Age : le Christ est plus grand que les autres personnages. La dévotion à la descente de croix était importante à cette époque, où la contre-Réforme était à son apogée.

 

 

La troisième chapelle, en face de l’entrée latérale, est dédiée à la Vierge. La statue de la Vierge à l’enfant que nous admirons est en albâtre, de style italien polychrome (à l’origine) et date du XVIème siècle. Elle a été ramenée du couvent des Cordeliers après sa destruction à la Révolution, tout comme la tombe de Nostradamus en 1813, que nous pouvons observer dans la même chapelle.

 

                  vierge            tombeau

La suivante est la chapelle Saint-Joseph, où des fresques du XIXème ont été mises à jour.

La cinquième chapelle est celle de Sainte-Anne. Nous nous sommes arrêtés admirer le bas-relief ramené de Gênes en 1478 par Guillaume de Ricci, chargé des affaires avignonnaises à Rome. C’est une œuvre magistrale du XVème siècle représentant la crucifixion du Christ.

Le baptistère, situé dans la dernière chapelle sur la gauche quand on remonte la nef, est daté du XIVème- XVème siècle. Il est en forme de calice pour que l’immersion totale de l’enfant soit possible. On y voit Saint-Laurent avec son martyr, le grill. Cette chapelle est également remarquable pour son vitrail moderne, montrant la pérennité de l’édifice, aussi bien dans son caractère spirituel que dans sa valeur architecturale.

Enfin, l’orgue était unique en son genre lors de son inauguration, il est aujourd’hui classé aux Monuments Historiques. En effet, il fut le premier orgue à être doté d’une transmission électrique pour tous les tuyaux. Ce fut l’œuvre de Peschart, aidé par Baker & Verschneider. Le tambour soutenant l’instrument a été construit en 1830.

             saint laurent saint laurent saint laurent saint laurent saint laurent

Nous étions très émus de nous faire guider par le curé passionné qu’est le Père Desplanches. Ce fut l’occasion de lui transmettre nos amitiés et lui souhaiter bonne continuation dans ses nouvelles missions.

 

Crédits photos : Julie SEBE, Jean-Paul VILLEGAS

 

 

INFOS PRATIQUES :
Horaires d’ouverture des églises de Salon-de-Provence : http://paroissesalongrans.fr/38.html
Cité de Nostradamus : http://www.visitsalondeprovence.com/decouvrir/lhistoire/la-cite-de-nostr...
Découvrir le patrimoine Salonais : http://www.visitsalondeprovence.com/decouvrir/le-patrimoine/monuments
Office de Tourisme, 56 cours Gimon, 04 90 56 27 60

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